Québec, 21 mai 2025
Bonjour Florence,
Nous ne savons pas où te rejoindre alors nous passons par le journal. C’est là que nous avons appris ce qui t’est arrivé, des années sans services qui a de l’allure dans ta résidence, les dizaines d’intervention de la police, le stress de ta maman et l’épuisement des gens qui t’accueillaient, ton arrestation, personne du CRDI pour t’aider rendu au poste police et des jours enfermés en isolement.
Aussi les 2 femmes qui t’ont aidée en dedans et les personnes qui t’ont faite sortir, car il y a aussi eu de la gentillesse au travers de cette histoire dégueulasse.
Nous sommes un groupe de personnes vivant avec une déficience intellectuelle. « Ça fait que », ton histoire elle nous a remuée. Surtout que nous avions déjà travaillé pour que ça n’arrive plus.
Simon Marshall, lui, avait fini en prison il y a déjà plus de 20 ans à cause de l’ignorance de ses déficiences. Ça avait été le départ d’années d’un gros travail. La police, l’aide juridique, les procureurs de la couronne, le réseau des services sociaux, les services pénitentiaires, le Barreau du Québec, les groupes communautaires, des heures et des heures de réunion avec l’Office des personnes handicapées du Québec.
De la formation, des mesures, même une carte spéciale à montrer en cas d’arrestation, on pensait que ça suffirait. Yvette, notre présidente, avait même signé la grande entente qui s’appelait: « Entente de principe Adaptation du système judiciaire et des services correctionnels aux personnes présentant une déficience intellectuelle » qui mettait tout ça au clair, les rôles de chacun.
Puis il y a eu l’affaire Taser, des policiers qui utilisent cette arme électrique sur une personne vivant avec une déficience intellectuelle en crise dans une résidence de Québec.
Là aussi, des réunions, un gros rapport avec la police, les services sociaux, des experts.
Puis là aussi, des solutions ont été identifiées, car la police c’est pas fait pour faire le travail de la réadaptation. Là aussi, on pensait que c’était compris, que la police ça ne court pas après des gens qui comme toi volent des bonbons car ils ont faim. En lisant ton histoire, nous nous sommes trompés.
Florence, on voulait te dire que nous allons nous y remettre, travailler plus fort pour que ça n’arrive plus. Ta situation n’aurait pas dû arriver.
Nous te souhaitons la bienvenue dans ta nouvelle résidence et aussi de recevoir plus que des bonbons pour réparer ce qui t’est arrivé.
Sylvie Gagné, militante experte de vécu